Qu’est-ce-que l’équicie ?

Un métier reconnu

Le métier d’équicien(ne) appartient au champ de la médiation animale. Dans l’équicie, la relation d’aide se fait par l’intermédiaire du cheval, du poney ou de l’âne, partenaire central de l’accompagnement.

IMG-20200309-WA0006

Formé au champ médico-social, l’équicien travaille en complémentarité avec les acteurs du parcours de soin ou de l’éducation spécialisée.

Une voie alternative

Entre l’équithérapie  et l’équitation adaptée, l’équicie ouvre une troisième voie, alternative aux demandes de prise en charge et d’éducation classique. La mise à cheval n’est pas systématique et il n’est pas nécessaire de savoir monter à cheval ou de connaître les équidés.

L’équicien s’inscrit dans une démarche d’accompagnement qui s’appuie sur un projet à visée éducative, thérapeutique ou de soutien élaboré avec la personne accompagnée, sa famille ou un prescripteur.



Un professionnel à l’écoute

L’équicien(ne) est un spécialiste de l’observation directe. Il est avant tout à l’écoute de l’individu dans ce qu’il est, à travers ce qu’il dit et ce qu’il exprime par son corps, aussi bien seul qu’en relation avec le cheval, le poney ou l’âne.

DSC_0187

Cette volonté de comprendre sans porter de jugement est à la base du travail d’accompagnement et d’aide en médiation équine.

Avec l’équicie, chaque personne doit pouvoir, à travers sa relation individuelle avec le cheval, aller vers un mieux-être physique, psychique, social ou relationnel, trouver des ressources et découvrir des capacités qu’elle porte en elle ou encore acquérir de nouveaux potentiels en terme d’apprentissages et/ ou de comportements.

IMG-20200309-WA0004

Pour ces personnes, l’équicie est littéralement un moyen de « mettre le pied à l’étrier » et de se « remettre en selle » dans la vie.

Un projet individualisé

L’équicien(ne) accueille des publics variés dont les objectifs peuvent être très différents, qu’il s’agisse d’une situation de handicap, de mal-être, ou simplement d’un souhait de s’épanouir autrement.

La relation d’aide s’organise autour d’un projet individualisé, qui se fait en accord avec la personne si ses facultés cognitives le permettent. A partir d’un « état des lieux » des besoins observés, l’équicien(ne) fixe des objectifs à réaliser et propose des moyens adaptés à mettre en œuvre avec le cheval.

L’équicie s’inscrit le plus souvent dans un cadre thérapeutique ou éducatif. En fonction des demandes, l’équicien(ne) est habilité(e) à élaborer des projets individualisés (loi de 2002.2 de l’action médico-sociale). Il établit des outils d’évaluation et fournit des compte-rendus en collaboration avec les acteurs de parcours de soin.


Une formation unique en France

Bien que la pratique de la médiation équine soit très ancienne sur le terrain, ce n’est qu’en 2010 qu’Isabelle Claude, cofondatrice de l’association Equit’aide et présidente de la Fédération nationale Handi-Cheval a identifié les compétences spécifiques de l’équitation en terme d’accompagnement avec le cheval de publics rencontrant certaines difficultés et fondé l’équicie . Elle a par ailleurs créé une école à vocation européenne qui délivre la certification des équiciens formés.

Isabelle Claude explique dans cette vidéo le métier d’équicien:

Isabelle Claude est l’auteur de « Le cheval médiateur » et « Le cheval miroir de nos émotions ».

download
download-1

Equicie et éthique

Plusieurs valeurs fondamentales guident mon projet d’équicie.

Accueillir et accepter l’autre dans le respect de ses droits, mettre en avant ses capacités, le responsabiliser. Cela passe par une écoute empathique et bienveillante (Carl Rogers) et la prise en compte de ses besoins (Abraham Maslow). En équicie, la personne n’est pas un patient, mais un client. L’équicien ne la prend pas en charge, elle ne lui est redevable de rien.

Tout apprentissage qui ne s’ancrerait pas dans la réalité physique, observable, vérifiable, ou qui ne passerait pas par le corps est voué à l’échec. Ainsi, l’équicien favorise des mises en situations où la personne, dans sa relation avec l’équidé, pourra mobiliser ses compétences. C’est le concept de « learning by doing » (« apprendre en faisant ») du philosophe américain John Dewey. Ou la posture des « pédagogies nouvelles » (M. Montessori, C. Freinet, R. Steiner)

Aider la personne à résoudre ses difficultés, à mobiliser ses ressources, à se dépasser, grâce à la présence d’un tiers. (La maïeutique de Socrate)

Observer et étudier les comportements, de l’équidé d’une part, des personnes d’autre part, c’est chercher à comprendre ce qui se passe du point de vue de l’autre (équidé et/ou humain), aller à l’origine des comportements. Tenir compte de ce qui est exprimé. Garantir ainsi, autant que possible, les conditions d’une relation positive et le bien-être de la personne comme de l’équidé.

Pour aller plus loin : Revue de la Médiation Equine (numéro spécial Reconnaissance du métier d’équicien)

« Ne peuvent prétendre à l’appellation d’équicien que les personnes ayant suivi le cycle de la certification d’équicien, soit en processus de formation continue pour adulte, soit par celui de la VAE. Ces professionnels diplômés doivent afficher systématiquement leur titre afin que le public puisse les identifier ».